samedi 13 novembre 2010

Construction : Le Mur de Chine


Martin Drapeau, un militant libéral, a soumis une proposition en faveur d'une commission d'enquête sur l'industrie de la construction au conseil général du PLQ de cette fin de semaine. Sa proposition fut accueillie par un « silence glacial ». Les membres du parti libéral ont des millions de bonnes raisons de ne pas vouloir entendre parler.

Description de Denis Lessard du journal La Presse :
Le Parti libéral du Québec a refusé catégoriquement de débattre de l'opportunité de déclencher une enquête sur l'industrie de la construction ce matin. Un silence glacial s'est abattu sur la salle où se trouvaient 500 délégués libéraux quand un militant de Groulx, Martin Drapeau, a demandé si quelqu'un seconderait sa proposition en faveur d'une telle enquête. A défaut d'appui, sa proposition destinée à «crever l'abcès» a été reléguée aux oubliettes.


Les bons bergers et les grands bâtisseurs

Ce qui frappe, est l'absence d'un secondeur à sa proposition, condition pour qu'elle soit débattue. Il n'y aurait donc personne d'autre au parti libéral pour vouloir une enquête ou même qu'on en débatte de la question pour la vider une bonne fois pour toute? De toute évidence, les bergers du PLQ ont travaillé fort pour convaincre les délégués que seules les enquêtes policières peuvent arrêter le pillage de la bergerie des contrats publics par des loups déguisés en grands bâtisseurs.

Pour justifier la position de son parti, le député de Chomedey, ancien policier de son état, explique même le plus sérieusement du monde qu'avec une commission d'enquête à l'époque de la guerre aux motards, « 'Mom' Boucher serait encore dehors aujourd'hui, on serait encore pris avec le chaos et il y aurait d'autres innocentes victimes.» Selon le jovial député de Chomedey, au Québec il n'y aurait plus de victimes d’extorsion ou de prêt usuraire, plus de filles prises dans des réseaux de prostitutions ni de victimes de fraudes? Quant à l'absence de chaos, comment qualifierait-t-il  la vague d’attaques au cocktail molotov contre des café italiens de Montréal et les assassinats dans la mafia? De «perturbations»?

Cela dit, le parallèle avec les motards est à côté de la question. Les policiers peuvent faire un bout dans les histoire de collusion et de corruption. Il attraperons des entrepreneurs qui pratiquent la collusion ou le blanchiment d'argent et peut-être même quelques syndicalistes pègreux ou des politiciens municipaux trop cupides. Mais, ils ne pourront jamais faire la job jusqu'au bout. Leur travail s'arrêtera à peu près où la politique commence : aux élections clé en main et au financement "sectoriel" par les partis politiques autant au provincial qu'au municipal. C'est le Mur de Chine que jamais une enquête policière ne pourra franchir complètement. Seuls les pouvoir extraordinaires d'une commission d'enquête indépendante peuvent exposer les rouages de cette mécanique et les enrayer au moins pour un temps..

Des millions de bonnes raisons

Mais comme je le disais, le Parti libéral a des millions de bonnes raisons pour que jamais ne soit franchit ce Mur de Chine. Littéralement. Des recherches en cours, que j'ai pu consulter, montrent que le parti a recueilli dans les dernières années des millions de dollars auprès de personnes liées à l'industrie de la construction (entrepreneurs et firmes professionnelles). Pour la seule année 2008, les dons identifiés jusqu'à maintenant s'approchent du million de dollars. Les même recherches sont d'ailleurs gênantes pour le PQ et l'ADQ, quoique dans une moindre mesure. C'est indéniable : les partis sollicitent le secteur de la construction. Autant de dons provenant d'un secteur économique bien précis ne peuvent relever du hasard. C'est systématique, c'est organisé. Par qui et pour quoi? Des questions pour une commission d'enquête, pas pour les policiers.

Martin Drapeau continuera donc longtemps à se cogner le nez sur le mur érigé par les bergers de son parti pour qu'on ne dérange pas leur bal avec les grands bâtisseurs.

À consulter 

mardi 9 novembre 2010

Le loup et les bergers

Le nom de l'entrepreneur Normand Trudel revient dans toutes les histoires de scandales allégations qui secouent les municipalités de Mascouche et Terrebonne (et dans d'autres). Ce monsieur est propriétaire de Transport et Excavation Mascouche et président et actionnaire d'Ecolosol, entreprise dans laquelle il est associé avec Tony Accurso. Le maire de Mascouche, et ami de toujours de M. Trudel, Richard Marcotte, a d'ailleurs séjourné sur le célèbre bateau de M. Accurso lorsqu'il s'est marié en 2007, rapporte Le Devoir.

L'entrepreneur Trudel soigne bien ses relations avec les politiciens, suivant une approche non partisane bien particulière. Le Devoir rapporte qu'il organise des levées de fond pour le Parti libéral ainsi que pour le Parti québécois. Le premier ministre Charest lui a même fait l'honneur de sa présence au printemps 2008 pour une activité de financement à sa résidence, qui a rapporté 107 000$ à la caisse du parti, selon La Presse.

Depuis 2001, le généreux bâtisseur a contribué personnellement pour près de 15 000$ à la caisse du Parti québécois (ce qui lui donne peut-être l'impression d'avoir le droit d'intimider un jeune député péquiste). En 2003, année de leur arrivée au pouvoir, il commence à entretenir une idylle avec les Libéraux, contribuant pour plus de 17 000$ à titre personnel. L'Action démocratique du Québec n'a pas échappée à sa bienveillante attention, qui s'est traduite par des dons totalisant 5 800$ en 2007 et 2008.

Un chaud lapin politique le monsieur!

Loin de moi l'idée de laisser entendre qu'il y aurait quoi que ce soit d'illégal dans ces activités de financement. Je me demande, par contre, ce qui peut motiver un entrepreneur à se démener autant pour trois partis politiques différents. On m'accusera d'avoir un esprit chagrin, mais j'ai de la misère à y voir l'oeuvre d'un grand philanthrope épris de démocratie.

Aujourd'hui, le ministre des Affaires municipale, Laurent Lessard, a utilisé l'expression « le loup est dans la bergerie » en dissertant au sujet des scandales allégations qui secouent Mascouche et Terrebonne. Je ne sais pas si cet entrepreneur est le loup dont parle le ministre Lessard. Chose certaine, les bergers du PQ, du PLQ et de l'ADQ ne semblent pas trop inquiets de le voir rôder près de leurs pâturages. On a parfois l'impression qu'ils l'y ont invité...

AJOUT: Laurent Lessard, Ministre des Affaires municipales, passe un moment difficile avec Paul Arcand 

Sources :

samedi 6 novembre 2010

Victoire du maire qui frappe les enfants à coups de pied

Il y a deux semaines, je vous parlais d'une publicité électorale négative contre Gary Katz, maire sortant de Winnipeg. ( Le maire qui frappe les enfants à coups de pied» )

Les Winnipegois semblent ne pas s'être formalisés de l'inaptitude au soccer de M. Katz et lui ont donné un troisième mandat. La preuve que la publicité négative, ça ne fonctionne pas!

mardi 19 octobre 2010

Farces en farsi

Si Rock et Belles oreilles étaient Iraniens, ça aurait probablement donné quelque chose comme cette vidéo. Alors que ça veillait très tard à l'Assemblée nationale en raison du bâillon imposé par le gouvernement pour son projet de loi sur les écoles passerelles, mon patron m'a initié à l'humour subversif iranien. La chanson est adaptée d'un chant d'amour très connu dans les contrées persanes dont les paroles sont détournées pour ridiculiser les ayatollahs iraniens. Enjoy!



J'ai aussi appris que le prénom de Mahmoud Ahmadinejad pouvait donner lieu à des jeux de mots très rigolos, puisque sa prononciation s'approche de celle du mot signifiant "limité" et de celle de "menteur", si je me souviens bien...

dimanche 17 octobre 2010

Le maire qui frappe les enfants à coups de pied

Ça jour dur dans la course à la mairie de Winnipeg. Ci-jointe une publicité électorale négative contre le maire sortant Sam Katz. On lui reproche son absence de réalisations, mais aussi sa propension à frapper les enfants à coups de pied! Remarquez que lui, de son côté, diffuse des messages téléphoniques dans lesquels il dit aux gens qu'ils risquent de perdre leur maison s'ils élisent son adversaire. Comme quoi la politique ne fait pas toujours émerger le meilleur de la bête humaine.

Cliquez ici pour voir la vidéo

(Via Boing Boing)

samedi 16 octobre 2010

«Pis farme ta yueule quand tu déboules !!!»

L'art du caricaturiste à son meilleur. Coté synthétise en une seule image l'opinion d'Yves Boivert sur l'attitude de "bully" de Quebecor dans le conflit du Journal de Montréal.

Source : Le Soleil 
« Même dans les combats de ruelle, il y a des règles non écrites. Quand le gars est par terre, qu'il saigne du nez et qu'on a fini d'écraser ses lunettes, on n'est pas censé passer dessus avec sa voiture. » - Yves Boisvert

Le besoin social

J'ai vu récemment The Social network qui relate la création de Facebook par un über geek du nom de Mark Zuckerberg. Fidèle à son travail exceptionnel sur The West Wing, le scénariste Aaron Sorkin, nous livre un récit très intelligent sans être cérébral.

Ce qui m'a allumé dans cette histoire, bien plus que les conflits juridico-amicaux et les fantasmes de richesse, c'est la réflexion sur la source du succès du concept du site The Facebook : le besoin universel du lien social. Facebook a recruté ses premiers utilisateurs sur les campus universitaires, parmi un public jeune, particulièrement avide de reconnaissance et d'appartenance, deux besoins que cherchait à combler les premières moutures du site. La croissance a été fulgurante et Facebook est aujourd'hui un incontournable.

Ironiquement, Mark Zuckerberg, le "héro" du récit, est dépeint comme un garçon particulièrement dénué d'habileté sociale, ce qui en définitive, en fait une figure tragique. J'ai déjà classé la scène finale, qui souligne clairement cet aspect, dans l'anthologie des mes fins de films favorites.

***

Le film nous rappelle aussi la fulgurante croissance de ce que qu'on appelle le Web : l'Internet tel que nous le connaissons tous aujourd'hui, avec ses sites, ses images, ses films... En 1993, alors étudiant en informatique, j'ai navigué sur le Web pour la première fois en utilisant un navigateur appelé Mosaic, même pas disponible pour Windows à cette époque. J'avais trouvé ça très cool, mais c'était seulement accessible dans le laboratoire de l'université. À la fin de mes études, fin 1994, je pouvais déjà le faire sur mon ordinateur personnel. Il existait alors environs 10 000 sites. Dix ans plus, tard, en 2004, quand Zuckerberg lance TheFacebook.com, le Web compte 50 millions de sites et est un utilisé par de centaines de millions de personnes. En 2010, nous surfons sur le Web avec nos téléphones....

The Social Network - Official Site

dimanche 7 février 2010

Le village de Super Céleste

Ça prend un village pour élever un enfant dit une vieille sagesse. Aujourd'hui, ma filleule Célestine en a fait une éloquente démonstration.

Célestine a décidé qu'elle voulait faire un site Internet. Ses parents n'étant d'aucune aide en la matière, elle a entrepris de trouver de l'aide dans le village. Elle est sortie de chez elle et elle s'est rendue chez son parrain (moi), qui travaille de la maison, un dimanche. Soucieux de nourrir la geek en elle, j'ai accepté de lui offrir mon aide. J'ai ouvert un blogue sur un service public. Elle a noté l'adresse Web et m'a bien expliqué que je ne devais pas regarder pendant qu'elle tapait son mot de passe. Mais j'ai dû retourner travailler et confier la suite aux parents. Ensuite, elle a eu besoin de contenu. Allez hop, elle ressort et on va frapper chez un autre voisin, qui a les images des pochettes d'album que les enfants du village ont créées lors d'une précédente activité. Il s'y met lui aussi...

En fait, ça ne se passe pas dans un village, mais dans une coop d'habitation...

Le Ministère de l'Éducation serait fier de cette approche par compétence, sans doute transversale.

Le résultat : http://superceleste.blogspot.com/

mardi 8 décembre 2009

Le catastrophomètre

Pour ce rare billet, je reprends l'exercice du catastrophomètre proposé par Martin Petit dans son blogue, tel que le suggère Patrick Lagacé. L'exercice consiste à décrire sa situation sociale à trois moments : lors du massacre de Polytechnique, lors des attentats du 11 septembre et aujourd'hui.

POLYTECHNIQUE - 6 décembre 1989. Je termine ma première session de cégep, au bacc. international du Collège Jean-de-Brébeuf. J'ai 16 ans, plus jeune que tout le monde, pas trop focusé sur la performance, ce qui fait de moi un étudiant moyen parmi cette crème de la crème. La vie est une aventure. Poly c'est la porte à côté. On se met à suivre ça à la radio, puis à la télé, alors que le drame se révèle. J'habite un 4 1/2 un peu moche au centre-ville avec mon frère. Mes parents vivent dans l'appartement en face. À cette époque, je sais déjà très bien parler aux filles, mais je suis nul pour le reste. Quelques semaines plus tard, M., un de mes amis du secondaire et d'autres gars entrent dans leur classe de cégep masqués, armés de fusils en plastique et demandent aux filles de se mettre contre le mur. Joke monstrueusement plate. Je me souviens de l'avoir trouvé niaiseux en tabarnak quand il m'a raconté ça. On apprend l'année suivante qu'il est schizophrène.

11 SEPTEMBRE 2001 - Dans l'autobus, en route pour un réunion à Montréal. I., vieille branche de ma généalogie amicale, m'appelle sur le cell. pour me parler de deux avions et du World Trade Center. Je suis responsable des communications pour une coalition de lutte à la pauvreté. Je gagne peu, j'ai une grosse dette d'étude et je partage un appartement à Québec avec quatre autres personnes, mais la vie est une aventure. À la réunion, tout le monde écoute la télé. S., une douce et brillante Américaine aux études à Montréal, m'héberge pour la nuit. On écoute la télé, on en parle. On dort ensemble sans se toucher. J'ai un sentiment d'irréalité.

AUJOURD'HUI - 8 décembre 2009 - Dernier droit à mon boulot au gouvernement. Je fais mes boîtes à la fin du mois. Direction : l'Assemblée nationale pour m'occuper des communications d'un certain politicien solidaire. Drop de salaire, mais la vie va bientôt redevenir un aventure! Je vis dans une coop au milieu de pleins de familles. Ça fourmille d'enfants, ça sent l'avenir à plein nez! Et il y a cette fille pas mal jolie à qui j'ai commencé à bien parler...

lundi 10 août 2009

Dommages collatéraux

Cette nouvelle dans les médias :
Pakistan: le chef des talibans éliminé pendant un massage

Le chef des talibans pakistanais Baïtullah Mehsud a été éliminé par des tirs de missiles américains alors qu'il était en train de se faire masser sur le toit d'une maison, a rapporté lundi la chaîne de télévision CNN, citant des hauts responsables américains.
(SOURCE: Agence France Presse via Cyberpresse).

La nouvelle ne mentionne pas le sort de la masseuse.