mardi 8 décembre 2009

Le catastrophomètre

Pour ce rare billet, je reprends l'exercice du catastrophomètre proposé par Martin Petit dans son blogue, tel que le suggère Patrick Lagacé. L'exercice consiste à décrire sa situation sociale à trois moments : lors du massacre de Polytechnique, lors des attentats du 11 septembre et aujourd'hui.

POLYTECHNIQUE - 6 décembre 1989. Je termine ma première session de cégep, au bacc. international du Collège Jean-de-Brébeuf. J'ai 16 ans, plus jeune que tout le monde, pas trop focusé sur la performance, ce qui fait de moi un étudiant moyen parmi cette crème de la crème. La vie est une aventure. Poly c'est la porte à côté. On se met à suivre ça à la radio, puis à la télé, alors que le drame se révèle. J'habite un 4 1/2 un peu moche au centre-ville avec mon frère. Mes parents vivent dans l'appartement en face. À cette époque, je sais déjà très bien parler aux filles, mais je suis nul pour le reste. Quelques semaines plus tard, M., un de mes amis du secondaire et d'autres gars entrent dans leur classe de cégep masqués, armés de fusils en plastique et demandent aux filles de se mettre contre le mur. Joke monstrueusement plate. Je me souviens de l'avoir trouvé niaiseux en tabarnak quand il m'a raconté ça. On apprend l'année suivante qu'il est schizophrène.

11 SEPTEMBRE 2001 - Dans l'autobus, en route pour un réunion à Montréal. I., vieille branche de ma généalogie amicale, m'appelle sur le cell. pour me parler de deux avions et du World Trade Center. Je suis responsable des communications pour une coalition de lutte à la pauvreté. Je gagne peu, j'ai une grosse dette d'étude et je partage un appartement à Québec avec quatre autres personnes, mais la vie est une aventure. À la réunion, tout le monde écoute la télé. S., une douce et brillante Américaine aux études à Montréal, m'héberge pour la nuit. On écoute la télé, on en parle. On dort ensemble sans se toucher. J'ai un sentiment d'irréalité.

AUJOURD'HUI - 8 décembre 2009 - Dernier droit à mon boulot au gouvernement. Je fais mes boîtes à la fin du mois. Direction : l'Assemblée nationale pour m'occuper des communications d'un certain politicien solidaire. Drop de salaire, mais la vie va bientôt redevenir un aventure! Je vis dans une coop au milieu de pleins de familles. Ça fourmille d'enfants, ça sent l'avenir à plein nez! Et il y a cette fille pas mal jolie à qui j'ai commencé à bien parler...

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