On ne pourra pas dire que la présente élection québécoise aura eu la vie facile. Elle a débuté au lendemain d'une élection historique au États-Unis qui épuisé une partie de la libido politique de l'électorat, même ici au Québec. Elle se terminera le jour même d'un vote qui pourrait renverser le gouvernement à Ottawa. L'électorat québécois ne saura plus où donner de la tête.Le Devoir propose un excellent résumé de la crise qui secoue le Parlement.
Grandes et basses manœuvres
Ainsi les partis d'opposition considèrent sérieusement faire tomber le gouvernement et deux d'entre eux (NPD, PLC) discutent de la possibilité de former une coalition pour gouverner. Les Conservateurs pourraient payer cher leur manœuvre de basse politique. Un plan de compression qui suspend le droit de grève des fonctionnaires et empêche les recours judiciaires pour régler les questions d'équité salariale était déjà difficile à avaler pour les partis d'opposition. Mais y ajouter une manœuvre de crasse partisanerie visant à couper les vivres à leur adversaires en abolissant leur financement public c'était jouer (pas très prudemment) avec le feu.
Stephen Harper s'attaque à la légitimité des partis qui veulent le renverser
Ils veulent s'accaparer le pouvoir, pas le gagner. Ils veulent mettre en place un gouvernement dirigé par un parti qui a reçu sa plus petite part des suffrages depuis la Confédération. Ils veulent mettre en place un premier ministre, le premier ministre Dion, qui a été rejeté par les électeurs il y a seulement six semaines»(Source cyberpresse.com)Nous ne vivons pas en république à ce que je sache et le poste de premier ministre n'est pas soumis au vote populaire. Même si c'était le cas, le parti de Stephen Harper n'a obtenu que 37,6% du suffrage populaire le 14 octobre dernier. Ensemble, les partis qui parlent coalition (NPD, PLC) comptent 44,4 % du vote. Alors, ses arguments à propos de sa supposé légitimité, ça ne fait pas sérieux.
Un gouvernement de crise?
Une crise économique se pointant à l'horizon, un gouvernement de coalition Libéral-Néo-Démocrate serait probablement un bonne chose pour le pays. On a vu au États-Unis l'incapacité de l'idéologie de droite à prévenir la crise et le Canada n'a pas besoin de subir la même médecine. Historiquement les gouvernements plus à gauche font mieux pour leur population en temps de difficulté économique. Ils n'en profitent pas pour démanteler encore plus leur capacité d'action et n'attendent pas l'intervention magique de la main invisible avant d'agir.
Il y a cependant loin de la coupe au lèvre pour les partis d'opposition qui doivent encore réussir à s'entendre avant d'avoir la capacité de former un gouvernement le moindrement stable. À ce sujet, Hugo De Grandpré de la Presse expose très clairement les obstacles.
Pour ma part, je me risquerai pas à prédire la suite des choses. On verra bien le 8 décembre qui formera le gouvernement, à Québec et à Ottawa.
Pour Harper qui ose utiliser le poids des chiffres pour justifier que c'est son parti qui a légitimité de gouvernance, je vous réfère à mon analyse des chiffres, juste pour le plaisir!
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