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lundi 3 décembre 2012

L'attendrissante Commission Charbonneau


Pour commencer la semaine, une généreuse portion de Commission Charbonneau, gracieuseté de la journaliste d'enquête du Devoir Kathleen Lévesque. La publication de la fameuse liste des rencontres au Club 357 serait un «avertissement à l'establishment d'affaire et au monde politique», dit un source au sein de la Commission et un «attendrisseur de témoins», selon un observateur.

Un cas de rudesse à l'égard de la présomption d'innocence? Sans doute. Mais c'est une commission d'enquête, pas un tribunal. La Commission brasse la marmite en prévision de la prochaine manche. Quitte à faire pleurer une ex-ministre. Elle espère délier des langues, amasser de nouveaux renseignements, faire le liens. Bref, elle fait enquête.

Dans son article, Lévesque explique aussi comment le Domain Forget dans Charlevoix est devenu un lieu de copinage. Elle relate comment un dirigeant de BPR a utilisé l'organisme pour appuyer des projets favorisant sa firme.

C'est à lire. Mais attention, ça pourrait faire monter votre tension!

En voici, les meilleurs moments :
La liste de certains membres du très sélect club privé 357C et de leurs invités, déposée cette semaine à la commission Charbonneau, serait un avertissement à l’establishment d’affaires et au monde politique signifiant que personne n’est à l’abri. Ce serait le « just watch me » de la juge France Charbonneau à la classe dirigeante du Québec, a appris Le Devoir.  
Avec cette liste, c’est le concept de proximité douteuse entre des firmes de génie-conseil, des entrepreneurs et des donneurs d’ouvrage public qui prend forme. Autour d’une table cinq étoiles, dans le décor feutré d’un club reconnu pour sa règle de confidentialité, se tissent des liens. On parle business et financement politique, l’expertise des uns s’entremêlant à celle des autres. Le client et le pourvoyeur deviennent des amis. 
(...) 
La suite des audiences publiques risque d’être difficile pour les « invincibles », car « tous ces gens vont mariner dans l’incertitude jusqu’en janvier », note un observateur attentif des travaux de la commission ayant requis l’anonymat. « La liste, c’est un attendrisseur de témoins ! », ajoute cette personne, un sourire dans la voix. 
Source: Le Devoir, Le «just watch me» de France Charbonneau.




vendredi 30 novembre 2012

L'inceste informationnel


Hier, le vérificateur général du Québec (VG) a rendu public un rapport accablant sur la gestion des contrats informatiques par le gouvernement. En résumé, il constate que c'est le bar ouvert pour les firmes externes, qui touchent pour plus d'un demi-milliard $ pour leur service à chaque année.

Trois grandes firmes se partagent près de la moitié du pactole : CGI, DMR et LGS. Plusieurs contrats n'ont qu'un soumissionnaire. Selon le VG, la libre concurrence ne semble pas jouer dans ce marché.




samedi 13 novembre 2010

Construction : Le Mur de Chine


Martin Drapeau, un militant libéral, a soumis une proposition en faveur d'une commission d'enquête sur l'industrie de la construction au conseil général du PLQ de cette fin de semaine. Sa proposition fut accueillie par un « silence glacial ». Les membres du parti libéral ont des millions de bonnes raisons de ne pas vouloir entendre parler.

Description de Denis Lessard du journal La Presse :
Le Parti libéral du Québec a refusé catégoriquement de débattre de l'opportunité de déclencher une enquête sur l'industrie de la construction ce matin. Un silence glacial s'est abattu sur la salle où se trouvaient 500 délégués libéraux quand un militant de Groulx, Martin Drapeau, a demandé si quelqu'un seconderait sa proposition en faveur d'une telle enquête. A défaut d'appui, sa proposition destinée à «crever l'abcès» a été reléguée aux oubliettes.


Les bons bergers et les grands bâtisseurs

Ce qui frappe, est l'absence d'un secondeur à sa proposition, condition pour qu'elle soit débattue. Il n'y aurait donc personne d'autre au parti libéral pour vouloir une enquête ou même qu'on en débatte de la question pour la vider une bonne fois pour toute? De toute évidence, les bergers du PLQ ont travaillé fort pour convaincre les délégués que seules les enquêtes policières peuvent arrêter le pillage de la bergerie des contrats publics par des loups déguisés en grands bâtisseurs.

Pour justifier la position de son parti, le député de Chomedey, ancien policier de son état, explique même le plus sérieusement du monde qu'avec une commission d'enquête à l'époque de la guerre aux motards, « 'Mom' Boucher serait encore dehors aujourd'hui, on serait encore pris avec le chaos et il y aurait d'autres innocentes victimes.» Selon le jovial député de Chomedey, au Québec il n'y aurait plus de victimes d’extorsion ou de prêt usuraire, plus de filles prises dans des réseaux de prostitutions ni de victimes de fraudes? Quant à l'absence de chaos, comment qualifierait-t-il  la vague d’attaques au cocktail molotov contre des café italiens de Montréal et les assassinats dans la mafia? De «perturbations»?

Cela dit, le parallèle avec les motards est à côté de la question. Les policiers peuvent faire un bout dans les histoire de collusion et de corruption. Il attraperons des entrepreneurs qui pratiquent la collusion ou le blanchiment d'argent et peut-être même quelques syndicalistes pègreux ou des politiciens municipaux trop cupides. Mais, ils ne pourront jamais faire la job jusqu'au bout. Leur travail s'arrêtera à peu près où la politique commence : aux élections clé en main et au financement "sectoriel" par les partis politiques autant au provincial qu'au municipal. C'est le Mur de Chine que jamais une enquête policière ne pourra franchir complètement. Seuls les pouvoir extraordinaires d'une commission d'enquête indépendante peuvent exposer les rouages de cette mécanique et les enrayer au moins pour un temps..

Des millions de bonnes raisons

Mais comme je le disais, le Parti libéral a des millions de bonnes raisons pour que jamais ne soit franchit ce Mur de Chine. Littéralement. Des recherches en cours, que j'ai pu consulter, montrent que le parti a recueilli dans les dernières années des millions de dollars auprès de personnes liées à l'industrie de la construction (entrepreneurs et firmes professionnelles). Pour la seule année 2008, les dons identifiés jusqu'à maintenant s'approchent du million de dollars. Les même recherches sont d'ailleurs gênantes pour le PQ et l'ADQ, quoique dans une moindre mesure. C'est indéniable : les partis sollicitent le secteur de la construction. Autant de dons provenant d'un secteur économique bien précis ne peuvent relever du hasard. C'est systématique, c'est organisé. Par qui et pour quoi? Des questions pour une commission d'enquête, pas pour les policiers.

Martin Drapeau continuera donc longtemps à se cogner le nez sur le mur érigé par les bergers de son parti pour qu'on ne dérange pas leur bal avec les grands bâtisseurs.

À consulter 





mardi 9 novembre 2010

Le loup et les bergers

Le nom de l'entrepreneur Normand Trudel revient dans toutes les histoires de scandales allégations qui secouent les municipalités de Mascouche et Terrebonne (et dans d'autres). Ce monsieur est propriétaire de Transport et Excavation Mascouche et président et actionnaire d'Ecolosol, entreprise dans laquelle il est associé avec Tony Accurso. Le maire de Mascouche, et ami de toujours de M. Trudel, Richard Marcotte, a d'ailleurs séjourné sur le célèbre bateau de M. Accurso lorsqu'il s'est marié en 2007, rapporte Le Devoir.

L'entrepreneur Trudel soigne bien ses relations avec les politiciens, suivant une approche non partisane bien particulière. Le Devoir rapporte qu'il organise des levées de fond pour le Parti libéral ainsi que pour le Parti québécois. Le premier ministre Charest lui a même fait l'honneur de sa présence au printemps 2008 pour une activité de financement à sa résidence, qui a rapporté 107 000$ à la caisse du parti, selon La Presse.

Depuis 2001, le généreux bâtisseur a contribué personnellement pour près de 15 000$ à la caisse du Parti québécois (ce qui lui donne peut-être l'impression d'avoir le droit d'intimider un jeune député péquiste). En 2003, année de leur arrivée au pouvoir, il commence à entretenir une idylle avec les Libéraux, contribuant pour plus de 17 000$ à titre personnel. L'Action démocratique du Québec n'a pas échappée à sa bienveillante attention, qui s'est traduite par des dons totalisant 5 800$ en 2007 et 2008.

Un chaud lapin politique le monsieur!

Loin de moi l'idée de laisser entendre qu'il y aurait quoi que ce soit d'illégal dans ces activités de financement. Je me demande, par contre, ce qui peut motiver un entrepreneur à se démener autant pour trois partis politiques différents. On m'accusera d'avoir un esprit chagrin, mais j'ai de la misère à y voir l'oeuvre d'un grand philanthrope épris de démocratie.

Aujourd'hui, le ministre des Affaires municipale, Laurent Lessard, a utilisé l'expression « le loup est dans la bergerie » en dissertant au sujet des scandales allégations qui secouent Mascouche et Terrebonne. Je ne sais pas si cet entrepreneur est le loup dont parle le ministre Lessard. Chose certaine, les bergers du PQ, du PLQ et de l'ADQ ne semblent pas trop inquiets de le voir rôder près de leurs pâturages. On a parfois l'impression qu'ils l'y ont invité...

AJOUT: Laurent Lessard, Ministre des Affaires municipales, passe un moment difficile avec Paul Arcand 

Sources :





jeudi 14 mai 2009

Les Vickings font la peau au marché


De ces temps-ci, je me demande quoi faire avec les sous que je ne dépense plus en dette d'étude. Habitué depuis des années à voir disparaître quelques centaines de dollars par mois dans la chose, depuis que j'ai terminé de payer il y a environ un an, ces sommes restent dans mon compte. J'ai pas de char, pas d'enfants ni de maison et il y des limites dans le nombre de gogosses électroniques que je peux m'acheter. Bref, je me retrouve en situation de surplus budgétaire.

Quelle approche emprunter pour gérer cette opulence momentanée? Je pense que je vais m'inspirer de la Norvège rendue riche par les revenus tirés du pétrole. Plutôt que de flauber cette richesse, la Norvège a mis la majorité de cet argent de côté avec des principes de placement très prudent tout en maintenant un vrai de vrai état providence fort. Là-bas les B.S. sont probablement aussi méprisé qu'ici, à la différence que l'État ne cherche pas à les affamer pour les ramener dans le droit chemin.

Certes, leur fond national a souffert de la récente débacle financière, mais une bonne part de leur pécule était à l'abri des folies du marché.

Roublarde, leur ministre des finances, une vraie de vraie socialiste, a augmenté de 60 milliards les achats en actions du fond national, alors que le prix étaient en chute libre. Résultat : les marchés remontant, cet investissement vient enrichir substantiellement leur bas de laine collectif. Il semble que le socialisme Norvégien ne répugne pas à profiter des ratées du système capitaliste pour assurer son avenir.

Mmmm, je pense que je vais acheter des actions du gouvernement Novégien...



AJOUT : Patrick Lagacé en parle aussi. Je me suis d'ailleurs fendu d'un commentaire.




mardi 28 avril 2009

Une image qui colle à Mulroney

Tout au long de l'affaire Mulroney-Schreiber, une image me reste en tête. Au-delà des argumentaires des avocats, des flagossages des uns et des autres, de la grisaille floue que les protagonistes tentent de jeter sur l'histoire, cette image, qui repose sur des fais admis par tous, résume pour moi l'affaire. 

L'image c'est celle d'un homme (marchand d'arme) qui en paye un autre (ancien premier ministre) avec des liasses de billets. Entre 225 000 et 300 000 dollars on été payés de la sorte. Pas avec un chèque visé, une traite bancaire ou autre forme d'échange qui laisse des traces. Comme dans les films de pègre où on se paye des politiciens avec de la belle argent cash!







dimanche 15 mars 2009

Manipuler les médias économiques pour les nuls

Le marché boursier est comme un organisme vivant.  Cet organisme n'est jamais vraiment en santé parce que toutes sortes de parasites entravent son bon fonctionnement. Jim Cramer, le parasite qui parle dans la vidéo, explique comment manipuler les médias économiques ou utiliser ses millions pour influencer le cours d'une action à son avantage.




mercredi 4 mars 2009

Chronique visuelle d'une crise

Cette vidéo, création d'un type nommé Jonathan Jarvis, explique avec élégance et pédagogie la crise du crédit. C'est vraiment très bien fait.