
Enfin une vraie journée d'hiver comme je les aime : froide et ensoleillée. Rien de plus agréable que d'entendre la neige craquer et crisser sous mes bottes, de sentir des glaçons se former dans ma barbe et de tout voir clairement dans cette lumière crue. La courte marche vers le bureau de vote m'a mis de très bonne humeur, même si dans mon comté la défaite est assurée pour mon candidat solidaire. Je me sentais comme ce temps : fret et tranchant, pas émotif pour deux cennes, certain que mon choix est le bon, le choix rationnel et parfaitement lucide quant à sa portée limitée. Voter n'est qu'un geste parmi d'autres pour participer à la Cité, le moindre des gestes qui n'a de sens que si on ne se laisse pas gouverner passivement une fois qu'il est posé.
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