jeudi 11 décembre 2008

Une question pour vous

Pourquoi n'iriez-vous pas lire la plus récente chronique de Pierre Foglia, qui fera plaisir à tous mes amis abstentionnistes (dont plusieurs sont allés voter lundi dernier par sympathie pour le candidat local de Québec solidaire). Vous pourriez ensuite revenir ici et m'aider à répondre à une question que je me pose.

Dans sa chronique, Foglia parle de son abstention à la dernière élection. Il y parle aussi d'Amir Khadir. Entre autres choses, il dit ne pas croire que son élection ne soit qu'un phénomène isolé, voué à ne pas se répéter, comme le croient certains commentateurs. À ce sujet, je suis moi-même en réflexion.

Je ne semble pas être le seul. J'ai croisé, en rentrant chez moi ce soir, un copain de QS. Un vrai de vrai, qui est là depuis avant l'Union des forces progressistes (une incarnation précédente de QS). Il m'a dit qu'on devrait se ramasser au plus vite une pancarte d'Amir et Françoise parce que ce serait un super souvenir d'un événement unique qui pourrait ne jamais se répéter. Il semblait loin d'être convaincu qu'on aurait un jour plus de députés.

Qu'en pensez-vous? La formation Québec solidaire peut-elle aller chercher plus qu'une frange de l'électorat? Si oui, à quelles conditions?




6 commentaires:

  1. J'ai bien peur que votre ami ait raison.
    À ceux qui disent : Le PQ a commencé comme ça, une poignée de députés et regardez aujourd'hui !...
    À ceux-là je réponds: le Bloc Populaire d'André Laurendeau a réussi, lui aussi à faire élire une poignée de députés mais ce ne fut jamais plus que ça, une poignée....
    Le Bloc Populaire a vite sombré dans l'oubli, comme le fera le QS...

    Garamond

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  2. Je crois que QS est un parti trop à gauche, présentement, pour aller rejoindre une grande partie de la population. Il faudrait que le Québec prenne un grand tournant socialiste (je n'aurais rien contre), mais si ça ce fait, ce n'est pas pour demain.

    L'inconvéniant c'est qu'un peu moins à gauche il y a le PQ. La raison d'être de QS reste donc à gauche (gauche-gauche).

    Selon moi, une condition essentielle à son succès: rallier le Parti Vert (ça donnera le parti Vert-Solidaire?)

    Pour avoir une gauche forte, il faut rallier toute le monde. Je verrais très bien QS réussir cela. Peut-être alors aura-t-il une chance d'être autre chose que le parti du plateau.

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  3. Salut,

    Il n'y a pas que Pierre Foglia qui a chroniqué dans ce sens-là, sur notre blogue, j'en ai recensé quatre allant partiellement dans le même sens (au moins sur l'abstention). Pour ta question précisément, il y a Mathieu qui a fait une analyse intéressante du vote pour l'émission de cette semaine de Voix de faits (c'est dans la première demi-heure). Il a notamment fouillé sur les résultats de Mercier et son analyse est loin d'être catégorique. D'un côté, malgré la chute du taux de participation, le vote d'Amir Khadir progresse dans l'absolu (+500). Dans ce comté, la baisse du vote a été enregistré par tout le monde, sauf lui! Alors, personnellement, je ne pense pas que ce soit un one shot deal. Ce n'est pas une élection partielle et ce n'est pas non plus une surprise. C'est quand même la troisième fois d'affilé que Khadir se présente devant cet électorat là et il y a progression à chaque fois. L'avenir nous dira si son action convaincra les électeurs de le reconduire dans ses fonctions. À mon avis, il y a trois possibilités. Ou bien Khadir gaffe un moment donné et les gens se retrouvent à avoir honte de leur député (c'est possible, il lui arrive de se mettre le pied dans la bouche / de se faire piéger par les médias comme sur Cuba ou bien le 11 septembre) et il est battu, ou bien les gens font «bof, ça donne rien» et on sait pas ce qui se passe ou bien les gens sont confortés dans leur choix et «fier de leur différence» et il augmente sa majorité.

    C'est sur qu'en l'état, Québec solidaire ne peut rejoindre qu'une petite frange de l'électorat. En ce sens, le «presque-4%» est en soit un exploit par rapport à ce que l'on a connu avec le PDS et l'UFP. À mon humble avis, cela a été rendu possible grâce à la fusion entre une certaine gauche politique et le leadership d'une certaine gauche sociale. Ça a amené de la visibilité et un savoir faire organisationnel. Bref, ça a changé la donne. Ce que j'essaie de dire c'est que l'évolution du parti va nécessairement faire bouger les conditions objectives et rendre possible demain des choses qui sont impossible aujourd'hui.

    Finalement, les scores dans Gouin et Mercier (et dans une moindre mesure dans d'autres comtés urbain du Québec comme notre cher Taschereau) indiquent une chose très importante. Quand les solidaires se donnent les moyens --entre autre une "mini-machine" électorale-- ils peuvent obtenir des résultats et éventuellement battre les grands partis. La stratégie de la concentration (des moyens et des militantEs) était donc la bonne. L'ennui c'est que je vois mal comment, même en tablant sur une croissance importante du parti, Québec solidaire pourra dans un avenir prévisible réussir à réunir le même genre de moyens dans plus d'une demi-douzaine de comtés.

    Bref, je penche du côté de ceux qui croient que ce n'est pas impossible et que ça peut être le signe d'un décollage... Ce qui ne me convainc pas plus de bosser avec / pour vous mais ça c'est une autre histoire.

    P.S.: Dans mon entourage, il y a eu moins de libertaires qui sont allez voté QS cette fois que la dernière. Juste dans la coop, tu as perdu plus de la moitié des votes anarchistes de 2007!

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  4. Québec solidaire a un programme que l'on qualifie de gauche et je pense qu'il peut, avec du travail à long terme constitué une opposition. De là à prendre le pouvoir, j'en doute. N'oublions pas que nous vivons au coeur de la bête et pour paraphraser Engels tant que nous vivrons de la misère des pays du tiers monde il sera impossible de faire quelque changement que ce soit. Mais, il faut l'appuyer.
    Serge Adam blogger

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  5. @Nicolas - La lettre d'Alexa Conradi aux libertaires aura-t-elle eu l'effet contraire de celui souhaité?

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  6. Non, je ne pense pas que ça a eu beaucoup d'impact.

    Ce qui a joué, je crois, c'est le changement de contexte qui rendait l'appel des urnes moins pressant.

    Concrètement, comme je l'ai expliqué ailleurs, les arguments pour le vote stratégique ne tenait pas la route cette fois.

    1. C'était écris dans le ciel que Charest allait être majoritaire.

    2. La montée de la droite populiste s'est transformée en débandade. L'ADQ s'est battue toute seule.

    Contrairement aux élections municipales ou fédérales, je ne connais aucun libertaire de Québec qui a jamais voté pour un «grand parti» pour battre la droite au provincial. Par contre, j'en connais quand même pas mal qui sont allez voter pour Serge Roy en 2007 en se disant qu'au moins si les urnes confirmaient la montée de la droite, et donc l'élection d'adéquistes dans tous les comtés sauf Taschereau, il fallait que «la gauche» ne s'écrase pas. Dans un contexte où la droite populiste allait de toute évidence s'écraser, les gens sentait moins d'urgence d'aller voter pour faire contrepoids.

    Sinon, bien il y aussi eu des débats internes et une partie des anars purs et durs --moi par exemple-- ont compris qu'ils se tiraient dans le pied en allant voter. La situation étant de moins en moins exceptionnelle (pas de mairesse ni de Dumont Premier ministre à l'horizon), rien ne justifiait de se tirer volontairement dans le pied cette fois.

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